Arriverez-vous à vous séparer de votre smartphone durant 1 semaine? Comment allez vous vous sentir?

Je vous pose cette question suite à un nouveau documentaire sur la conscience numérique disponible sur Netflix intitulé : /the social dilemma. Celui-ci explore l’impact des réseaux sociaux sur l’humain, à travers plusieurs interviews d’experts en technologie ayant travaillé sur ces derniers et une fiction. Dans celle-ci la mère lance le challenge à son fils de ne plus utiliser son smartphone durant 1 semaine. Si le fils réussit, sa mère promet de lui payer la réparation de son écran de smartphone récemment brisé. 

Notre téléphone nous sert toujours à communiquer, mais sur un média différent : Internet via des applications de messagerie et réseaux sociaux. Effectivement, le top 10 des téléchargements d’application le confirme puisque 9 d’entre elles sont des réseaux sociaux.

Les entreprises propriétaires de ces applications sont parmi les plus riches que l’Histoire de l’humanité ait jamais connue.

Top 10 Apps by All-Time Downloads

Mais comment est-ce possible, me direz-vous? Sachant que ces applications sont gratuites…

La réponse est dans un proverbe que vous avez déjà certainement entendu ou lu quelque part :

Si vous ne payez pas pour le produit, c'est que vous êtes le produit.

The-Social-Dilemma

Mais comment ?

Tous les réseaux sociaux sont pensés pour que vous y passiez le plus de temps possible. Leur objectif est de vous garder un maximum de temps devant votre écran en captant votre attention. Pour cela, les technologies utilisées exploitent les vulnérabilités de la psychologie humaine. Il existe un terme pour définir les études sur ce sujet, la captologie. C’est l’étude de l’informatique et des technologies numériques comme outil d’influence et de persuasion des individus.

Durant l’évolution de l’humanité, pendant des milliers d’années, nous avons cherché à nous réunir en tribus et être en contact afin de nous reproduire. Et les réseaux sociaux répondent parfaitement à ce besoin de communication.

Durant ces 15 dernières années, nous avons assisté à la naissance d’un nouveau marché unique et très profitable, le commerce de données humaines à échelle industrielle.

Notre attention est donc vendue à des annonceurs publicitaires. Pour cela, les réseaux sociaux mettent en place différentes méthodes et algorithmes afin de vous retenir un maximum de temps. Durant ce temps là, toutes vos activités  sont regardées, traquées, mesurées puis étudiées et enregistrées. Afin de prédire avec précision ce que vous allez faire et qui vous êtes. Pour avoir les prédictions les plus précises possibles, il faut énormément de données. Après cela les réseaux sociaux peuvent vendre des espaces publicitaires aux annonceurs en garantissant avec certitude que leurs publicités auront du succès. Il y a une forte concurrence entre les entreprises afin d’avoir le meilleur modèle de prédiction. Nous faisons donc partie d’un système de capitalisme de surveillance. C’est le fait d’obtenir des bénéfices de l’observation de tout ce que nous faisons à travers les applications de ces entreprises, dont le business plan consiste à assurer le succès des annonceurs. 

Quelques unes des punchlines du documentaire pour le fun :

”Nous sommes donc des rats de laboratoire permettant d’augmenter le profit de ces entreprises.”

“L’utilisateur fait face à des milliers d’ingénieurs et de supercalculateurs à travers son écran.”

”Nous ne sommes qu’une bande de zombies qui leur permet de gagner toujours plus d’argent.”

J’ai plusieurs anecdotes personnelles qui valident la citation suivante :

the social dilemma

Toute technologie suffisamment avancée n'est pas différenciable de la magie.

— Arthur C.Clarke

Acteur social.

Sur les réseau sociaux, personne ne peut avoir accès au même flux d’information car celui-ci est optimisé pour vous afin de capter votre attention dans un but purement lucratif. Le contenu peut-être modifié afin de maximiser les retombées publicitaires.

De part ce système de fonctionnement, les réseaux sociaux ne sont plus considérés comme un outil de communication mais comme un acteur social ce qui favorise la manipulation et l’addiction de ses utilisateurs.

Seuls deux industries appellent leurs consommateurs "utilisateurs", celle de la drogue et celle du logiciel.

— Edward Tufte

Les recommandations définies par l’algorithme arrivent à convaincre l’utilisateur de sa propre réalité. Nous commençons à croire que tout le monde est comme nous car le contenu proposé nous intéresse nous est proposé. 

Cela nous amène à la polarisation, la radicalisation, l’indignation, la vanité, la dépendance et au culte de la personnalité. Les réseaux sociaux sont devenus des outils de persuasion. Cela peut mener à des manipulations étatiques, électorales et culturelles. Nous en avons eu des exemples concrets ces dernières années. De plus, aucun contrôle sur la véracité des informations partagées sur les réseaux sociaux n’est effectuée car tout simplement impossible, une entreprise ne peut pas dire ce qu’est la vérité car elle ne sait pas ce qui est vrai ou non. Il faut savoir que les fakes news sont de nature plus séduisantes que la vérité et sont donc plus rapidement et largement partagées. Nous avons de moins en moins de contrôle sur qui nous sommes et à quoi nous croyons.  Bienvenue dans l’air de la désinformation ! Donc  avant de partager quelque chose sur les réseaux sociaux et même en dehors, veuillez vérifier vos sources s’il vous plait !

Pour terminer, je reprendrais un passage  de l’interview de Justin Rosenstein  :

“Un arbre a une plus grande valeur financière mort que vivant, de même pour les baleines.”

Tant que le monde fonctionne comme cela et que les entreprises ne sont pas régulées elles continueront à détruire les arbres, miner la terre pour prendre tout ce qu’elle détient. Pourtant nous savons bien que cela détruit la planéte et que nous allons laisser le monde dans un pire état pour les générations à venir. C’est une vision à très court terme qui provient de l’idée de faire du profit à tout prix.  Cela  affecte l’environnement depuis longtemps. ll est donc urgent de prendre conscience quel’intérêt commun est plus important que tout le reste. (cf. Documentaire ARTE sur l’exploitation forestiere en Roumanie)

Aujourd’hui, nous sommes l’arbre, la baleine, la terre, nous sommes devenus une ressource.

Casting


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